Lucia Iniguez Psychologue

Les répercussions de la douleur chronique sur la famille peuvent influencer les relations, les rôles et le bien-être émotionnel.

Étant maman, fille et petite fille de personnes qui souffrent de douleurs chroniques je sais bien de quoi je parle…Quand la douleur arrive dans la vie d’une personne, elle envahie tout ce qui l’entoure. C’est comme un tsunami. On ne le sent pas arriver. Mais d’un coup, elle arrive avec une telle force, que “sa vague” emporte tout ce qu’elle trouve sur son passage (l’aspect physique, le psychologique, le familial, le professionnelle, le social)

Expérience de la douleur pour les membres de la famille

Cette douleur affecte non seulement la personne qui en souffre, mais entraîne également des répercussions dans la vie de tous les membres de son entourage proche. Très souvent, l’entourage se sent rapidement impuissant. Il ne sait pas comment venir en aide à la personne qui souffre et présente, lui aussi, une détresse importante qui entraîne, entre autres, les conséquences suivantes:

– Un renoncement à certaines activités personnelles, professionnelles et sociales. Souvent le conjoint, le père ou la mère, doit abandonner ses activités pour s’occuper de la personne atteinte. Souvent aussi, il/elle doit s’absenter de son travail pour l’accompagner à un rendez-vous ou à un traitement.

– Une modification des habitudes de vie comme les relations sociales et les loisirs de manière à rester toujours disponible pour aider la personne en souffrance. Ce qui emmène, dans beaucoup de cas, à une isolation partielle ou totale.

– Une redéfinition des rôles et des tâches des membres de la famille. Souvent une grande soeur ou un grand frère doit s’occuper d’es plus jeunes enfant de la famille.  Dans certains cas, les maris commencent à faire plus souvent à manger, à nettoyer et organiser la maison, à aider les enfants avec les devoirs, des tâches très souvent réalisées, principalement, par les mères du foyer générant des tensions au sein du couple.

– De l’attention et du soutien inconditionnel à la personne aimée qui souffre au dépend du reste des membres de la famille.

– Difficulté à fixer ses limites impliquant un risque d’épuisement voir de deprime.

Répercussions émotionelles

Cette nouvelle situation mène à une souffrance émotionnelle des membres de la famille qui se traduit par:

– De la sidération face au diagnostic.

– De la peur face aux conséquences possibles de la maladie sur le futur de l’être aimé.

– Un sentiment de culpabilité (pourquoi il/elle et pas moi? Si j’avais été présent(e) lors de sa chute, ou après son opération chirurgicale, si on ne lui avait pas donné ce traitement…)

– Du découragement face à l’errance médicale liée à la recherche d’un diagnostic, des traitements adéquats mais aussi face aux résultats de ces traitements.

– De l’angoisse face aux prises de décisions concernant les traitements à adopter et à leurs éventuels effets secondaires.

– De la frustration, de la colère et de l’irritabilité.

– Un sentiment d’impuissance.

– Une sensation de perte de contrôle.

– Un sentiment d’injustice (pour quoi nous?)

– De la tristesse.

– Un stress accru qui peut devenir chronique.

Le soutien de la famille et des proches est essentiel pour la personne affectée par la douleur chronique mais celle-ci doit savoir se préserver pour mieux l’aider.

La famille et les proches jouent un rôle précieux dans le maintien de la santé et du bien-être de la personne atteinte par la douleur chronique. Ils peuvent même avoir une influence sur l’évolution et le résultat des traitements. Il est donc primordial que la famille et les proches apprennent à prendre soin d’eux, et non pas seulement de la personne en souffrance.

Quelques symptômes que les proches pourraient ressentir et qui sont associés à des signes d’épuisement sont, entre autres:

– De la fatigue.

– Un changement dans les habitudes de sommeil: difficulté